Colas au Canada

Colas au Canada

En 2013, Sintra, filiale de Colas Canada, remportait, dans le cadre d’un consortium, le contrat en partenariat public-privé pour la modernisation de l’aéroport d’Iqaluit, dans le Grand Nord canadien. Climat extrême, isolement, défis logistiques et géologiques… après quatre saisons de travaux, les équipes de Sintra ont livré en août 2017 un projet hors normes. Retour sur une aventure humaine au bout du monde.

Extrait du Route 39 - Octobre 2017

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Canada

  • Capitale :
    Ottawa

  • Monnaie :
    Dollar canadien

  • Langue :
    Anglais et Français

Statistiques

  • Superficie

    9985000

    km²
  • Population

    35

    million d'habitants

Une infrastructure vitale : Ancienne base militaire américaine, créée en 1942 et cédée au Canada en 1949, l’aéroport d’Iqaluit est la porte d’entrée vers la région arctique. Il joue un rôle stratégique pour l’aviation civile et militaire. Sur le territoire du Nunavut, le plus étendu du Canada et dépourvu de réseau routier, l’avion est le seul mode de transport utilisable toute l’année qui permette de relier entre elles les quelque 25 communautés qui y vivent. Démarrés en juillet 2014 et terminés en août 2017, les travaux ont consisté pour Sintra en la réfection de la piste d’atterrissage et des deux taxiways existants, la création de trois nouveaux taxiways, l’agrandissement de l’aire de stationnement des avions et la construction des voiries adjacentes à l’aéroport.

Une logistique à l’épreuve du temps : Premier défi : l’approvisionnement. À Iqaluit, les glaces bloquent l’accès de la baie d’octobre à juillet : «Le planning d’exécution devait être réalisé en fonction de la courte période durant laquelle les matériaux pouvaient être livrés et les travaux réalisés. Tout devait donc être anticipé et livré un an à l’avance afin d’être sûr de pouvoir commencer dans les temps.» Autre particularité d’Iqaluit : le port ne dispose pas de quais en eaux profondes. «Le matériel était donc déchargé en pleine mer sur des barges qui venaient s’échouer sur la plage. En fonction des marées, le déchargement d’un bateau pouvait prendre jusqu’à 18 jours», se souvient Geoffroy Lécureur. Gestion de l’approvisionnement, gestion des phases de travaux, gestion du bitume… les contraintes n’ont pas manqué !

Au 64e parallèle nord, l'aéroport d'Iqaluit

Bienvenue au Nunavut

Le Nunavut (signifiant «notre terre» en inuktitut) est un territoire autonome du nord du Canada, bordé au sud par le Manitoba et à l’ouest par les Territoires du Nord-Ouest. D’une superficie de 2 038 722 km2, soit plus de trois fois la France, il est la plus grande entité territoriale du pays mais aussi la moins peuplée, avec 35 600 habitants. Sa capitale est Iqaluit, principale agglomération de l’île de Baffin. Anciennement, la ville était appelée Frobisher Bay, en l’honneur de Sir Martin Frobisher, un explorateur britannique à la recherche d’un passage navigable au nord-ouest pour rejoindre l’océan Pacifique, qui accosta dans la région en 1576. En 1987, elle change de nom pour Iqaluit («endroit poissonneux» en inuktitut). Le Nunavut étant situé dans l’Arctique, les températures y oscillent entre - 30 °C l’hiver et 15 °C l’été

La puissance de l’aventure humaine

D’Orléans à la banquise du Grand Nord canadien, que de chemin parcouru par Geoffroy Lécureur en 46 ans ! Diplômé de l’ESTP, il intègre Colas en 1996 comme ingénieur travaux dans le centre-ouest de la France. Après avoir occupé les postes de chef de secteur puis de chef d’agence en Rhône-Alpes, une opportunité lui ouvre les portes du Canada. Il devient alors directeur des opérations pour BML Québec (Sintra). «En 2013, lorsque Sintra a remporté le PPP de l’aéroport d’Iqaluit, je ne faisais pas partie de l’équipe mais j’avais participé aux négociations. L’aventure a commencé à 100 à l’heure pour ne jamais redescendre ! Si je ne devais retenir qu’une seule chose de ce chantier, ce serait la puissance de l’aventure humaine. Avec autant de profils différents dans un environnement hors du temps, hors du monde, où tout est multiplié par 10, diriger un tel chantier est un défi. Alors, quand l’alchimie se crée, vous vous dites que vous avez tout gagné !»

« La préparation, la planification et l’anticipation des besoins étaient les clés du succès de ce chantier. Un projet qui n’était pas complexe techniquement, mais que la situation géographique et les conditions climatiques extrêmes rendaient ardu ».

Geoffroy Lécureur, directeur du projet

Les chiffres clés au Canada


  • 4

    saisons de construction

  • 34

    ans de maintenance-exploitation

  • 130

    collaborateurs en période de pointe

  • 600 000

    tonnes de granulats produites

  • 238 000

    m³ de terrassement

  • 131 000

    m² de matériaux isolants posés

  • 111 000

    tonnes d'enrobés

  • 18 400

    tonnes de matériel transportées par bateau