Nazanin Pouyandeh

Née en Iran en 1981, Nazanin Pouyandeh est arrivée à 18 ans à Paris, où elle vit et travaille encore aujourd’hui. Étudiante aux Beaux-Arts de 2000 à 2005, où elle est entrée grâce à un collage, elle a appris à peindre avec le peintre néerlandais Pat Andrea. Elle vient d’achever une exposition, Ruines et Plaisirs, à la galerie Sator.

Pourquoi avoir accepté de répondre à la commande de la Fondation Colas ?

J’ai un grand respect pour le travail de commande. Dans l’histoire de l’art, les peintres ont souvent travaillé ainsi : consciemment, les oeuvres s’adressaient à un grand nombre de personnes, au peuple. Aujourd’hui, cette notion a quasi disparu. C’est dommage. J’aime l’idée de rendre publique une oeuvre d’art. La peinture est une fenêtre sur le monde, non un huis clos.

Que représente la route pour vous ?

Un passage, physique ou mental, d’un endroit à un autre, mais aussi le chemin du processus de création. Lorsque je commence une peinture, j’ai une idée approximative de là où je veux aller, puis je me laisse guider. Un élément créé en amène un autre et m’emmène ailleurs. Cette route est très symbolique de ma façon de travailler : par associations d’idées, sa sinuosité m’a conduite au serpent.

Qu’est-ce qui inspire votre peinture ?

L’homme, ses préoccupations existentielles, ses pulsions primitives comme le désir, la peur, la violence, la lutte pour la survie sont toujours au centre de mes toiles. En chacun de nous, il y a une part lumineuse et une part ténébreuse. Ces forces opposées qui nous tiraillent se retrouvent dans mes oeuvres. Affamée d’images, je me nourris de toutes sortes de sources visuelles, cinématographiques, picturales, et de toutes les cultures. Estampes japonaises, art primitif africain, miniatures indiennes ou perses, Renaissance italienne, tout m’influence. Citoyenne du monde, je me suis construite en voyageant. La peinture est aussi un moyen de m’approprier cet inconnu qui me fascine, de m’ouvrir au monde. Je crois à la théorie de l’inconscient collectif. Mon travail est un clin d’oeil à ces images qui nous réunissent, d’où que nous venions.

Télécharger le PDF