La Réunion, la Nouvelle Route du Littoral

Sur la côte Nord-Ouest de La Réunion, GTOI construit 6,7 km de route-digue entre La Grande Chaloupe et La Possession.

Cette structure en digues à talus, surmontée d’un mur chasse-mer, sera protégée par des couches d’enrochements, recouvertes par une ca

L’actuelle route du littoral entre Saint-Denis et La Possession est coincée entre une falaise, instable et dangereuse, et l’océan. Constamment menacée par deux risques majeurs – les chutes de blocs rocheux et les houles de très grande hauteur –, l’infrastructure est régulièrement fermée pour des travaux de réparation et occa-sionne des frais de maintenance élevés (1 à 2 millions d’euros par an). Au terme d’un long processus d’études et de concertation, la solution maritime a été retenue avec un «mix» entre digues et via-ducs.

Au total, la Nouvelle Route du Littoral représente 19 mar-chés, d’un montant de 1,66 milliard d’euros, pour la construction d’un viaduc en mer de 5 400 mètres de long, d’une route-digue de 6 700 mètres, d’un second via-duc de 240 mètres et d’un échangeur. GTOI, mandataire d’un groupement avec SBTPC (filiale réunionnaise de Vinci), réalise la construction de la route-digue entre La Grande Chaloupe et La Possession ainsi qu’un échangeur à La Possession. Les travaux, dont le montant total s’élève à 786 mil-lions d’euros, s’achèveront en 2020.

La Réunion, la Nouvelle Route du Littoral

«C'est un chantier technique, extrêmement surveillé, qui fait face à deux problématiques majeures : les approvisionnements en matériaux et le respect de l’environnement.», Stéphane Braban, directeur du projet

La Réunion

  • Statut :
    Département et région d'outre-mer français

  • Superficie :
    2 512 km²

  • Chef-lieu :
    Saint-Denis

  • Monnaie :
    Euro

  • Langue officielle :
    français

  • Langue locale :
    créole réunionnais

Statistiques

La Réunion, la Nouvelle Route du Littoral

Le chantier de la Nouvelle Route du Littoral est lancé. Sur la côte Nord-Ouest de l’île, GTOI, filiale réunionnaise de Colas, réalise 6 700 mètres de route-digue et un échangeur. Il s’agit du plus grand projet en cours dans le groupe Colas.

Extrait du Magazine Routes 36 - Avril 2016

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A la découverte des accropodes

À chantier exceptionnel, éléments exceptionnels : 38 500 blocs de béton sont en cours de fabrication, destinés à la construction de la digue de la Nouvelle Route du Littoral. Leur fonction ? Briser la houle en la dispersant. Plusieurs types de blocs artificiels en béton («X blocs» et accropodes) seront utilisés sur le chantier de la NRL.

Confiée à SCPR (Société de concassage et  de préfabrication de la Réunion), filiale réunionnaise  de Colas, la fourniture de ces blocs de béton  a nécessité la construction d’une usine dédiée  au Port. Une première mondiale. Habituellement,  la réalisation des accropodes se fait en effet dans le cadre d’une production dite «en mode forain», c’est-à-dire sur un site de préfabrication «en plein air» à proximité des chantiers. Construite en huit mois  à peine, l’usine Verlaine est une structure de pointe, avec des innovations techniques assurant la qualité des bétons réalisés (béton haute performance, auto-plaçant, résistant en milieu tropical...).

Des accropodes à la chaîne

Quatre formats d’accropodes sont destinés à la NRL, allant de 10 à 30 tonnes. Au total, 105 moules ont été confectionnés, dont 36 peuvent être disposés sur le carrousel. La technique de remplissage a également été optimisée afin de pouvoir remplir 14 moules supplémentaires (hors carrousel). Le béton est fabriqué dans une centrale attenante à la ligne de production et convoyé via une canalisation. Tout au long de sa fabrication et de son voyage, le béton est refroidi (30 à 40 tonnes de glace sont nécessaires).

«La NRL est un chantier de “cailloux” sur une île basaltique. Toutefois, La Réunion est le seul département d’outre-mer où il n’existe pas encore de carrière de roches massives, résume Fabrice Hernandez, directeur matériaux pour le groupement NRL. Avec 19 millions de tonnes de roches nécessaires pour le chantier, l’approvisionnement en matériaux représente donc un défi de taille. Il a fallu trouver des solutions alternatives.» La route-digue est en effet spécia-lement conçue sur le principe d’une structure en digues à talus surmontée d’un mur chasse-mer. Elle sera protégée par des couches d’enrochements recouvertes d’une carapace de blocs de béton, pour pouvoir résister aux contraintes maritimes et notamment à la houle cyclonique centennale. Les andains, ces énormes roches de basalte présentes sur le sol réunionnais et issues des opérations d’épierrage agricole, constituent une réponse à la gestion des ressources minérales disponibles de l’île. Avec une trentaine de gisements d’andains exploités, l’objectif pour les équipes est d’approvisionner le chantier à raison de 8 500 tonnes par jour en 2016. «De granulométries différentes, ces matériaux sont essentiels au chantier de la NRL, précise Fabrice Hernandez. Ils sont utilisés comme couches de protection du mur chasse-mer, comme filtre mais aussi comme couches de fondation des digues.»

«Les travaux de la Nouvelle Route du Littoral sont réalisés dans un environnement particulièrement sensible, souligne Thierry Delaunay, responsable environnement du groupement. Dérangement de la faune marine (notamment les mammifères), dégradation des récifs coralliens, risque d’échouage des oiseaux marins ou encore matières en suspension dans l’eau sont autant d’impacts que nous avons appréhendés en amont et pour lesquels nous avons mis en place des mesures de suivi et des moyens de maîtrise.» La Nouvelle Route du Littoral entrera en service en 2020.