Odile Ferron-Verron

Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Rennes, Odile Ferron-Verron vit et travaille à Noyal-Châtillon. Depuis 2004, elle a participé à plusieurs biennales d’art contemporain de la région parisienne et à diverses manifestations artistiques, en France et en Suisse.

Pelles mécaniques et autres machines de chantier représentent votre univers pictural. Comment avez-vous eu l’idée de cette thématique ?

Par une rencontre fortuite ! J’ai été, pendant longtemps, attirée par les paysages de friches, de zones industrielles désaffectées, là où la nature reprend ses droits sur une civilisation qui, petit à petit, s’efface. Et un jour, au détour d’un chantier, je me suis rendu compte que les machines, ces carapaces pensantes, avaient quelque chose à nous dire sur nous-mêmes.

Quel est le rapport entre les machines et nous ?

Les machines semblent s’interroger. Elles sont, d’une certaine manière, une métaphore de l’homme. Je les représente souvent dominées par un ciel d’un bleu implacable, indifférent et sur un sol neutre, désolé : cela traduit bien leur vulnérabilité et leur questionnement sur l’existence. Le godet que j’ai peint pour la Fondation Colas se demande quel chemin il va emprunter dans le paysage infini qui l’entoure. Le champ des possibles est grand.

Familière des chantiers, quel regard portez-vous sur le monde des travaux publics ?

J’aime me rendre sur des chantiers, car je ne conçois pas de peindre sans observer «mes» machines. Je veux un rendu le plus précis possible : elles doivent être capables de remplir leur fonction, même si je laisse, bien sûr, une part à la création. Pour moi, un chantier est comme un élan, une rencontre. On est happé ! S’ils sont intrigués au début, les compagnons sont vite fiers du regard bienveillant et respectueux que je porte sur leur univers…

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