Mette Rishøj

"Road up", Mette Rishoj (2009)

Mette Rishøj est née en 1972 à Randers, au Danemark. Après une formation à l’école des Beaux-Arts d’Ærø, elle collabore à de nombreuses expositions collectives et personnelles à Copenhague et dans d’autres villes danoises. En 2007, elle reçoit le prix de la galerie Nbex. Certaines de ses œuvres font partie du fonds d’art de la ville de Copenhague.

La route semble trouver une place de choix dans votre démarche artistique. Racontez-nous la genèse de votre collaboration avec la Fondation Colas.

Lorsque la Fondation Colas m'a demandé de travailler sur le thème de la route, j'ai éprouvé le besoin de donner une vision optimiste. La route est un élément déterminant dans notre société. C'est l'axe qui relie les gens entre eux - réseau de communication, de transport, d'échange, d'ouverture sur le monde... Mais, pour construire des routes, il faut d'abord détruire. Dans le tableau que j'ai réalisé pour la Fondation Colas, je me suis interrogée sur ce cycle de destruction-construction. Ici, la machine recouvre la route d'asphalte. On s'attend à voir une fumée noire sortir de l'engin, or ce sont des fleurs aux couleurs bariolées qui s'échappent du véhicule. J'ai voulu insuffler ainsi de l'optimisme, une dynamique multicolore, montrer que la destruction, bien qu'effrayante, est nécessaire.

Vous qualifiez votre peinture de «sauvage», d'action «brutale». Où puisez-vous cette énergie créative ?

Je travaille énormément sur la thématique du chaos, de la construction et de la démolition. Très tôt, j'ai été fascinée par les gros engins de chantier, les sites industriels, les bâtiments d'acier, de béton, de verre. Ces matériaux constituent, avec l'acrylique, la matière originelle de mes tableaux. Je m'interroge tout particulièrement sur la poursuite incessante du progrès, ainsi que sur la place de l'homme et son action dans cette course effrénée.

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