Jacob Brostrup

Né au Danemark en 1973, Jacob Brostrup est diplômé de l’Ecole danoise de design (2002). Il s’inspire de la thématique de la route depuis 2004. A partir de 2006, il développe une technique picturale particulière qui fait la part belle aux croquis numériques et à l’abstraction. Il expose régulièrement au Danemark et en Norvège.

Vous vous inspirez de la route depuis longtemps. Comment avez-vous abordé cette commande de la Fondation Colas ?

Je voulais avant tout que cette œuvre soit facilement identifiable par un Français. C’est pourquoi j’ai choisi la photo d’une rue de Paris. Mais je ne saurais dire de quelle artère il s’agit ! Quand je voyage, je prends une multitude de photos ; j’ai plus de 100 000 clichés dans mon ordinateur… Ce tableau invite à un voyage dans le temps, l’un de mes sujets de prédilection. Peut-être la rue représentée sur mon tableau était-elle, à une époque lointaine, la forêt que l’on voit dans le fond ?

Pensez-vous qu’il faille opposer villes et campagnes ?

Je vis dans un éco-village à une trentaine de kilomètres de Copenhague. Quand je suis arrivé, en 2000, nous étions au beau milieu des champs. Mais, depuis, plus de 10 000 personnes se sont installées. J’aperçois encore, de mon atelier, un peu de verdure, mais c’est en train de devenir une ville reliée à la capitale. Dans les années 1970 et 1980, je vivais dans un endroit encore plus proche de Copenhague, où il s’est passé la même chose. C’est agréable de vivre à la campagne tout en étant proche d’une ville. C’est d’ailleurs ce qu’évoque mon tableau : quand je suis allé à Paris, j’ai vu que la ville n’avait pas envahi toutes les zones vertes alentour.

Quelle place occupe la route dans la vie ?

Ici, de nouvelles lignes de métro sont en cours de construction. Les gens se plaignent du bruit. Mais dans cinq ans, quand ce sera fini, ils seront ravis de pouvoir se déplacer plus facilement. La mobilité et les infrastructures sont essentielles pour vivre… beaucoup plus que l’art !

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