Dominique Figarella

Né à Chambéry en 1966, Dominique Figarella a fait ses études à la Villa Arson, à Nice. Il vit et travaille à Jacou, près de Montpellier. Professeur à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, il expose régulièrement en France et à l’étranger (Autriche, États-Unis, Allemagne, Italie…).

Comment avez-vous abordé la commande de la Fondation Colas ?

C’était la première fois que je répondais à une commande, mais je ne l’ai pas vécue comme une contrainte. La route renvoie à une image très présente dans mon travail qui est la trace. Traces de voies foulées par les gens, traces anciennes, jamais artificielles car inscrites depuis toujours par les hommes et les animaux dans le paysage. Traces aussi dans ma peinture, cachées, transformées, sur lesquelles je reviens à travers différentes séries de tableaux et qui sont comme autant de chemins de traverse.

Pourquoi avoir représenté la route par cet éclatement de lignes et ces couleurs contrastées ?

La route moderne, surtout l’autoroute, est un espace très fréquenté où la vision est constamment sollicitée. Les images se succèdent en quelques fractions de seconde, de façon claire, rapide, hypnotique. Ce sont les clignotants, les phares, la signalétique… J’ai aussi voulu signifier ce contraste qui existe entre les corps organiques transportés dans des espaces géométriques que sont les routes et la voiture. Dans le même temps, sur la route, nous sommes tous reliés les uns aux autres par des lignes concrètes ou virtuelles.

Votre tableau s’intitule «Conduire sans permis». Quel sens donnez-vous à ce titre ?

Je l’avais déjà utilisé pour un essai publié en 2009. Le reprendre pour ce tableau, c’était une manière d’insérer la commande de la Fondation Colas dans l’approche que j’ai de ma pratique artistique. Je ne peins pas à partir d’une idée, d’un concept. Au contraire. L’idée surgit en même temps que je travaille, et je m’y adapte. Peindre, c’est conduire une expérience sans direction, ni prétexte, ni autorisation.

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